La question est légitime: un huissier peut il entrer chez moi en mon absence?
Oui, mais uniquement dans le cadre d’une mesure d’exécution autorisée par la loi, après respect d’un certain nombre d’étapes préalables, et en étant accompagné. Ce n’est pas une visite “surprise”, c’est l’exécution d’une procédure de saisie-vente destinée à recenser vos biens mobiliers pour régler une dette reconnue.
Le commissaire de justice agit ici comme officier public et ministériel : il ne vient pas “faire pression”, il vient appliquer un droit qui a déjà été reconnu.
Aucune saisie-vente n’est possible sans titre exécutoire.
Un titre exécutoire, c’est par exemple une décision de justice condamnant au paiement d’une somme d’argent exigible. Sans ce titre, il n’est pas légalement possible d’aller saisir vos biens mobiliers.
Autrement dit : un commissaire de justice ne peut pas se présenter chez vous et “prendre des meubles” parce qu’un créancier l’aurait demandé de son propre chef. Il lui faut le fondement juridique officiel qui atteste que la dette est due, exigible et chiffrée.
Avant toute saisie-vente, le commissaire de justice signifie au débiteur un commandement de payer.
Ce commandement rappelle le titre exécutoire, détaille le montant réclamé (principal, frais, intérêts) et laisse un délai légal pour régler.
Le code prévoit un délai de 8 jours après ce commandement. Si, passé ce délai, la dette n’est pas réglée, la saisie-vente peut être lancée.
C’est un point essentiel : l’entrée dans les lieux n’est pas la première étape. Elle intervient après une sommation formelle, datée, que le débiteur a reçue.
La saisie-vente consiste à dresser un inventaire des biens mobiliers présents chez vous (meubles, matériel, objets de valeur, etc.). L’objectif est de pouvoir, si la dette n’est pas réglée ensuite, vendre ces biens pour désintéresser le créancier. Certains biens indispensables à la vie courante restent insaisissables.
Si vous êtes absent (ou si vous refusez d’ouvrir), le commissaire de justice ne peut pas décider d’entrer “en force” seul.
La loi impose sa présence avec :
le maire de la commune,
ou un adjoint / conseiller municipal,
ou un agent municipal délégué par le maire,
ou une autorité de police ou de gendarmerie,
ou, si aucun de ces profils n’est disponible, deux témoins majeurs qui ne travaillent ni pour le créancier ni pour l’office du commissaire de justice.
Cette obligation existe pour garantir la loyauté des opérations et pour éviter toute intrusion arbitraire.
Si l’accès est fermé, le commissaire de justice peut requérir un serrurier pour ouvrir la porte devant les témoins ou l’autorité présente. La porte (et toute issue utilisée) doit ensuite être refermée, toujours sous contrôle.
Pendant l’intervention, le commissaire de justice établit un procès-verbal décrivant les biens saisis. Les personnes l’accompagnant doivent être présentes durant ces opérations d’ouverture, de constat et d’inventaire.
Le procès-verbal de saisie-vente reprend la liste des biens inventoriés. Une copie est ensuite signifiée au débiteur si celui-ci n’était pas sur place lors de l’intervention.
Il arrive que les biens du débiteur soient entreposés chez un tiers (membre de la famille, ami, nouveau conjoint…).
Dans ce cas, la saisie-vente ne peut pas, en principe, être faite librement au domicile du tiers. Le commissaire de justice doit obtenir l’autorisation du juge de l’exécution pour intervenir chez cette autre personne.
Ce point protège les tiers : on ne saisit pas chez vous pour une dette qui n’est pas la vôtre, sans contrôle judiciaire.
Ne forcez pas l’opposition physique. Le commissaire de justice agit dans un cadre légal strict. En revanche, vous avez le droit d’obtenir copie des actes : titre exécutoire, commandement de payer, procès-verbal de saisie.
Vérifiez le délai de 8 jours. Si la saisie intervient avant l’expiration du délai laissé par le commandement de payer, signalez-le immédiatement.
Protégez les biens insaisissables. Certains meubles indispensables à la vie quotidienne ne peuvent pas être enlevés.
Discutez d’un échelonnement. Dans certains dossiers, il est possible d’éviter la vente effective des biens si un plan de règlement sérieux est accepté.
Notre étude, basée à Montreuil (Seine-Saint-Denis), intervient pour l’exécution forcée et les mesures d’inventaire / saisie-vente dans le ressort de la Cour d’appel de Paris : Montreuil, Bagnolet, Romainville, Vincennes, Fontenay-sous-Bois, ainsi que les communes proches.
Un commissaire de justice peut-il entrer chez moi si je suis absent ?
Oui, mais uniquement dans le cadre d’une saisie-vente autorisée par un titre exécutoire, après commandement de payer resté sans effet, et en étant accompagné (police, mairie ou témoins). Ce n’est jamais une initiative privée.
Peut-il forcer ma porte ?
Il peut faire appel à un serrurier pour ouvrir la porte, en présence des témoins/autorités, puis il doit faire refermer et sécuriser l’accès.
Doit-il avoir un jugement ?
Oui. Sans titre exécutoire (jugement, acte exécutoire…), pas de saisie-vente de vos biens.
Dois-je être prévenu avant ?
Oui. Vous recevez un commandement de payer qui vous laisse un délai légal (8 jours) pour régler avant que la saisie ne soit déclenchée.
Et si mes meubles sont chez un proche ?
Pour saisir chez un tiers, le commissaire de justice doit obtenir une autorisation spécifique du juge de l’exécution.
Peut-il tout prendre ?
Non. Certains biens personnels de première nécessité sont insaisissables.
Nous intervenons en procédure d’exécution et en saisie vente sur Montreuil, Bagnolet, Romainville, Vincennes, Fontenay-sous-Bois et plus largement en Seine-Saint-Denis.
Étude Declercq Charruyer – Commissaires de justice / Huissiers de justice
46 rue de Lagny, 93100 Montreuil
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